Sensualité,
(re)définition :

La sensualité, de nos jours, a des problèmes de définition. Autrefois ”plaisir des sens”, elle est aujourd’hui associée à l’érotisme ou à la recherche du plaisir sensoriel uniquement.
Quant au mot ”sensorialité”, il désigne la capacité de percevoir au travers des sens, et ne peut donc pas représenter correctement cette notion de plaisir des sens.

La confusion entre sensualité et sexualité est une impasse. Elle fait de la sensualité quelque chose de suspect ou trouble, alors qu’elle est avant tout une manière d’être en relation : avec le monde, avec soi, avec l’instant.
Il ne s’agit ni d’érotisme, ni de recherche du plaisir.
Il s’agit simplement de l’accueil du plaisir sensoriel, libéré de toute idée reçue et de toute attente.

L’amalgame entre ces notions réduit la sensualité à une fonction, une finalité, et même à une stratégie de séduction parfois. Il empêche de reconnaître le plaisir pur de la perception, du lien, du vivant. Il le stigmatise.

La sensualité peut se vivre dans le plus infime frémissement, ou dans l’exaltation.
Dans la solitude, ou dans le lien.
Dans la nature, lors d’une écoute musicale, lors d’une rencontre, …
Elle est cette capacité à goûter l’instant, à vibrer avec ce qui est – une peau chauffée par le soleil, une voix, une vibration dans la poitrine, une caresse – sans projection.

C’est ça, la sensualité : le plaisir d’être là, vivant et vibrant, sans vacarme.
C’est une qualité de présence – à soi, au monde, et à l’autre.
C’est comme dire ”merci” à la vie, comme une reconnaissance de notre condition d’être vivant et sensible.

C’est une manière d’être au monde, naturelle et saine, mais pourtant trop souvent dénigrée, incomprise ou rejetée.

Si, comme je le disais sur ma page À propos, je suis aujourd’hui persuadé que rien n’a plus d’impact que la tendresse, j’ai également cette conviction que la sensualité – dans tout ce qu’elle a de plus pur et de plus radical – doit être réintégrée dans notre vie, non seulement de manière conceptuelle (dans sa définition d’autrefois), mais aussi de manière concrète (dans notre façon d’habiter le monde).

Nevemer